• Du 03 juillet 2019 au 05 juillet 2019

Des sociologues de l'UFR de sociologie et du CENS (Centre Nantais de Sociologie) organisateurs des sessions 1 et 2 de cet évènement international.

Session 1 : Les imaginaires de la mer : des marées aux abysses

Organisateurs : Pierre Gernez, Gilles Lazuech, Frédéric Le Blay et Sophie Pardo
Keynote : Jean-Claude Dunyach, auteur de l'Imaginaire (Editions l'Atalante)
 

Les imaginaires de la mer : des marées aux abysses

La mer et les océans sont des espaces propices au développement d’imaginaires sociaux (croyances, représentations) que ce soit, par exemple, les dieux mythologiques, les monstres marins, les citées englouties ou les trésors encore à découvrir. Les sciences de la mer, qu’elles soient sociales, physiques ou halieutiques, produisent des données objectives qui ont pour effet –normalement – de substituer des datas aux imaginaires et qui devraient donc contribuer à les dissoudre.

Cette session « Sciences et imaginaires de la Mer » entend interroger les relations, directes ou induites, que les sciences entretiennent avec les imaginaires (croyances, représentations). Ce questionnement peut prendre au moins deux directions :
 
  • « les imaginaires » comme objet de recherche scientifique ;
  • les sciences comme pourvoyeuses de nouveaux imaginaires sociaux (par ex., liés aux changements globaux, à l’exploitation de nouvelles ressources, à la redéfinition d’enjeux politiques, économiques et sociaux…).

La session est volontairement très ouverte et pluridisciplinaire. L’un des enjeux de cette session est de réfléchir collectivement et de manière pluridisciplinaire aux contributions que la communauté scientifique pourrait apporter à la construction de « nouveaux imaginaires » sociaux (croyances et représentations) plus en lien avec les mutations et les enjeux de ces espaces.

La marée : un courant d'imaginaires
Les échanges porteront sur un phénomène marin propre à susciter les spéculations et les représentations les plus diverses. Zone d'entre-eux, l'estran peut-être perçu comme une passerelle vers l'imaginaire, un lieux éphémère et hors du monde, tour à tour paisible, inquiétant ou mystérieux. Dans la fascination que le spectacle de la nature exerce sur les esprits, le flux et reflux incessant de la mer fait partie des lieux communs de notre imaginaire. Ce qu’apporte la marée, ce qu’elle reprend inlassablement, la répétition comme les variations de son mouvement alimentent autant la rêverie que la recherche des lois du cosmos. Vivre avec la marée implique une vision et une expérience du monde qui doivent pouvoir s’appréhender dans leurs implications culturelles, sociales, esthétiques, etc. À l’inverse, un environnement dont cette temporalité si particulière est absente constitue sans doute, pour ceux qui l’habitent, un tout autre monde. Les organisateurs invitent ainsi à proposer des communications envisageant les aspects et les questionnements suivants :
  • Les théories des marées et leur histoire.
  • Cycles de la marée et représentations cosmologiques.
  • Légendes et mythologie de la marée.
  • Vivre avec la/les marée(s) : dimensions anthropologique, sociologique, économique.
  • Un phénomène aux multiples formes.
 

Session 2 : Mers et littoraux ; controverses à propos des ressources, des savoirs et des usages


Organisateurs : Hélène Desfontaines, Sarah Ghaffari, Marie Ponnet
Keynote: Nicolas Benvegnu - SciencesPo Medialab, Paris.
 

Controverses


La mer et le littoral sont des espaces soumis à une très forte pression anthropique, les ressources qu’ils recèlent en font le sujet d’une pluralité d’usages, inscrits dans des enjeux et des dispositifs de gestion très divers ce qui les rend particulièrement propices à l’émergence de tensions (politiques, économiques, sociales ou juridiques) dès qu’il s’agit d’affecter un usage ou de prioriser des usages sur ces espaces. La politique de développement dite intégrée visant à préserver, modifier, encourager ou limiter des pratiques conduit en effet à des arbitrages.

Dans ce contexte, chaque groupe d’intérêts développe des stratégies qui lui sont propres pour faire valoir un point de vue. Pour orienter, appuyer ou encore tenter d’annuler telle ou telle décision politique, cette défense d’intérêt spécifique passe notamment par la production d’argumentaire chiffré ce qui met chacune des parties en présence dans l’obligation de produire une mesure, un savoir expert recevable pour les décideurs. La production de ces connaissances modèle des alliances ou des contre alliances. C’est pourquoi, faire valoir des pratiques objectivées ou produire des savoirs apparait comme une condition sociale sine qua non pour entrer et participer au débat quant aux usages à faire ou à ne pas faire de la mer et du littoral.

Ainsi, quels sont les registres des savoirs produits, par qui, pour quoi, comment et à destination de qui ? Qui s’en saisit et qu’est-ce que cela produit ? Telles sont les questions qui animeront la session.

Les interventions porteront sur des controverses scientifiques, sociotechniques et prendront appui dans la mesure du possible sur des controverses empiriquement observables. Elles pourront aborder aussi bien le savoir produit que l’objet de la controverse ou encore questionner celles-ci comme action collective. Le champ couvert aura trait à la mer et au littoral.