• Du 15 novembre 2012 au 15 août 2013

Fabienne Pavis, Maître de Conférences à l'ufr de sociologie vient d'obtenir une délégation au CNRS

Bonjour,
  • Vous venez d'obtenir une délégation au CNRS, pouvez-vous nous rappeler votre parcours universitaire ?
J'ai suivi un cursus de sociologie à l'Université de Rennes II jusqu'en maîtrise puis poursuivi en DEA et thèse à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, sous la direction de M. Offerlé qui m'a intégrée au Groupe de recherche interdisciplinaire sur le politique, un espace très stimulant.

Ma thèse portait sur les conditions de constitution de la gestion comme discipline de l'enseignement supérieur. J'ai été doctorante associée au CSU (Cultures et sociétés urbaines) puis CSE (Centre de sociologie européenne), laboratoires qui ont fortement contribué à ma formation et qui m'ont permis d'obtenir des vacations de recherche et d'enseignement et, plus indirectement, une bourse. En fin de thèse, j'ai bénéficié du statut d'ATER à l'Université de Bordeaux II, au sein du département de sciences de l'éducation.

J'ai obtenu, l'année de ma soutenance en 2003, un poste de Maître de conférences en sociologie à l'Université de Nantes au profil particulier : rattaché à la Formation continue et associé à la responsabilité de deux diplômes professionnels.

Mais j'ai pu en 2009, et je m'en réjouis, rejoindre mes collègues de l'UFR de sociologie. Un autre collectif est central pour moi, le Centre nantais de sociologie, que j'ai intégré dès 2003 et dont j'assure la direction adjointe depuis un an et demi.

  • Quelle est la procédure pour pouvoir intégrer en délégation le CNRS ?
Le dossier de candidature, à déposer début janvier, est composé d'un projet de recherche, d'un rapport des activités passées, des principales publications et d'un avis favorable de la direction de l'unité dans laquelle la délégation est envisagée (je ne pouvais être accueillie au CENS qui ne dépend pas du CNRS).

Les dossiers de candidature sont examinés au printemps par les membres de l'une des sections du CNRS (en l'occurrence, « sociologie et sciences du droit ») qui réalise une première sélection, la direction du CNRS en opère ensuite une seconde.

La délégation commence en septembre de la même année, pour un an, dans le laboratoire demandé. Pour ma part il s'agit de l'IDHE (Institutions et dynamiques historiques de l'économie) situé à l'ENS de Cachan. Un laboratoire qui associe historiens et sociologues de l'économie ainsi qu'économistes hétérodoxes.

  • Quel est l'objet de votre recherche ?

Ce sont les recompositions patronales au sein d'un espace économique local. Mon terrain est centré sur les Pays de la Loire dans les années 1970-1980. Je souhaite réaliser une sociographie des patrons d'entreprises privées de plus de 200 salariés dans une conjoncture marquée par d'importants bouleversements tant du capitalisme que des modes de reproduction sociale.

Cette sociographie sera intimement liée à l'analyse d'un espace économique plus large (administrations, syndicats salariés, partis politiques, clergé...). Un espace dans lequel existent notamment des luttes de définition de ce que doit être le développement économique et de ce qui constitue l'autorité économique sur un territoire donné. Un espace fortement enchevêtré dans lequel la multipositionnalité est ordinaire mais inégalement répartie. Enfin, un espace économique institué et régulé par diverses voies.

L'enjeu est donc à la fois de questionner sociologiquement la fin des « trente glorieuses », conjoncture naturalisée, et d'interroger les processus de hiérarchisation en contexte en prenant acte que les positions socio-économiques dominantes sont plurielles et encastrées dans des territoires.