• Du 15 mars 2013 au 16 décembre 2013

Interview de M. Florent Fernandez diplômé du Master "Métiers du Diagnostic Sociologique" de sociologie

  • Vous avez été recruté par le laboratoire le LESMA-AUDENCIA, pouvez vous nous présenter votre parcours et les axes de recherche de ce laboratoire ?

Après une carrière dans le milieu industriel de la sous-traitance électronique et du « trading » en composants électroniques aux Etats-Unis, au Canada et en France pendant 15 ans, j'ai choisi de m'orienter vers l'étude de la sociologie des organisations en m'inscrivant dans le master professionnel Métiers du Diagnostic Sociologique (MDS) proposé par l'UFR de sociologie de l'Université de Nantes. Après mon master 2 obtenu en 2012,  j'ai été recruté en octobre de la même année par le LESMA pour travailler avec une sociologue de l'alimentation diplômée de l'Université de Toulouse, Cécile Quiblier. Il s'agit de mener un projet de recherche intitulé EDUC'ALIM qui s'inscrit dans l'un des axes de recherche du laboratoire LESMA portant sur l'analyse de la perception des risques alimentaires et des mécanismes de formation des préférences alimentaires dirigé par la professeur Mohamed Merdji. Le LESMA-Audencia est un Centre de recherche en Stratégie et Marchés des produits Agro-alimentaires. Depuis sa création en 1998, ce laboratoire réunit une équipe pluridisciplinaire regroupant des chercheurs en sciences de gestion (marketing et stratégie notamment), en sciences sociales (économie, sociologie, anthropologie et psychologie) et, pour certains projets, des spécialistes en sciences des aliments et génie des procédés. 

  • Quelles sont les principales orientations de l'enquête à laquelle vous participez ?

Les données qui ont été publiées sur l'évolution des taux de prévalence du surpoids et de l'obésité infantiles montrent que ces taux ne varient pas de la même manière selon les pays. La France est en effet l'un des pays où on observe les taux de prévalence les plus faibles chez cette catégorie de la population. L'hypothèse qui semble être, aux yeux des sociologues, la plus plausible pour expliquer ce phénomène aujourd'hui est fondée sur le rôle protecteur qu'il est possible d'attribuer à la culture alimentaire des Français. Cette culture se distingue, en effet, par l'importance qu'elle continue d'accorder au temps du repas, à la cuisine, au goût et à la transmission d'un certain nombre de valeurs liées au partage et à la convivialité :

Autrement dit, au fait de manger à table et avec les autres.

Nous avons donc formulé  l'hypothèse que ce sont ces spécificités qui peuvent avoir un rôle positif sur le comportement alimentaire des enfants. Dès lors, il s'agissait de pouvoir le démontrer. Le projet EDUC'ALIM se propose de répondre en partie à cette question  en analysant l'impact que peut avoir un programme d'éducation alimentaire sur l'éveil au goût et l'élargissement du répertoire alimentaire des enfants. Ce projet, qui a été initié grâce à une collaboration entre le Ministère de l'Education Nationale, la DRAAF des Pays de la Loire ainsi qu'une équipe de chercheurs d'Audencia-Nantes et du Centre Edgar Morin (CNRS-EHESS, Paris), a été mis en place à partir de septembre 2011 dans une vingtaine d'établissements scolaires de Nantes et d'Angers. Les enfants concernés ont été sélectionnés parmi les élèves de classes de CE2 et seront suivis jusqu'au CM2. Le programme qui leur est proposé repose sur la mise en œuvre de trois grands types d'actions : des cours portant sur les enjeux nutritionnels mais également culturels, économiques, écologiques et civiques de l'alimentation ; des ateliers de cuisine et des visites organisées sur les sites de production et de transformation des aliments.    


  • Pour vous aider dans cette recherche, vous avez fait appelle à des étudiants de sociologie, pouvez nous nous les présenter et nous préciser leurs missions ?

Afin de nous assurer d'avoir un regard sociologique sur les réactions des enfants dans les restaurants scolaires des écoles primaires, en sus du processus de pesage des restes alimentaires des aliments sélectionnés, nous avons effectivement fait appel à 15 étudiantes de l'UFR de Sociologie de l'Université de Nantes. Ces étudiantes étaient pour la plupart inscrites en Licence 1 et 2 du cursus universitaire. Nous leur avons demandé d'assurer le pesage des endives servies en cantine, puis de récupérer les questionnaires et les restes des enfants de CM2 et CM1, de les mettre en sachet individuel afin de permettre un traçage nominatif de chaque individu et d'effectuer une nouvelle pesée individuelle des restes. Nous leur avons surtout demandé de nous remettre leurs observations et remarques ainsi que les verbatim qu'elles avaient pu relever. Cette mission leur a fait découvrir un milieu professionnel (la restauration collective) qu'elles ne connaissaient pas. Cette expérience leur a aussi fait toucher du doigt ce que représente en termes de difficultés d'organisation une recherche-action.