Joanne Walker a soutenu sa thèse le 8 novembre 2016

Vous venez de soutenir votre thèse de doctorat, pouvez-vous nous présenter cette recherche ?

Ma thèse part du constat que le concept de modèle national est souvent mobilisé dans les discours médiatiques et politiques pour expliquer les différences en matière de politiques d'intégration destinées aux migrants mises en œuvre en France et au Royaume-Uni. Cependant, en réalité, des acteurs multiples (gouvernement national, Union européenne, autorités publiques locales, société civile, secteur privé) concourent à la construction et à la réalisation de ces politiques. Ma thèse demande donc s'il est toujours pertinent de faire référence à la notion d'un « modèle national d'intégration », en interrogeant une politique spécifique : celle qui a pour objectif de favoriser l'apprentissage de la langue nationale par les migrants adultes au moyen de la mise en place de cours de formation linguistique. J'ai choisi d'étudier ces politiques de formation linguistique en effectuant une comparaison entre deux villes, Nantes, en France, et Bristol, au Royaume-Uni.

La thèse examine notamment les chevauchements entre modèles et cadres  institutionnels qui déterminent les référentiels, catégories, normes et ressources dont les acteurs chargés de mettre en place les cours dans les deux villes peuvent s'emparer. L'enquête de terrain s'est bâtie autour de deux volets. Dans un premier temps, il était question d'identifier les différents dispositifs de formation linguistique financés par les pouvoirs publics dans les deux villes, afin d'analyser les politiques, catégories, normes et objectifs qui les structurent. Dans un deuxième temps, j'ai voulu étudier les effets du cadre politique spécifique sur le travail de mise en œuvre des dispositifs de formation linguistique, ce qui m'a amené à conduire une enquête ethnographique dans les structures de formation elles-mêmes. L'enjeu principal de la thèse était de mieux comprendre les différentes logiques de prise en charge des publics dans le cadre des cours de langue nationale dans les deux villes, et ce, dans l'objectif de cerner les mécanismes par lesquels les « besoins linguistiques » d'une population donnée sont définis par les acteurs impliqués dans la mise en place des politiques publiques et les manières dont ils y répondent.  

    
Vous avez soutenu à Nantes, en tant qu'étudiant à l'UFR de sociologie et intégré au laboratoire le Centre Nantais de Sociologie (CENS), pouvez-vous nous retracer votre parcours à l'université de Nantes ?

J'ai connu l'Université de Nantes pour la première fois en tant qu'étudiante Erasmus en 2002-03, quand j'ai pu profiter d'un séjour d'études d'un an dans le cadre d'une licence effectuée en Angleterre. Cette expérience ayant été très positive, j'ai voulu continuer à vivre en France et ai passé deux ans à travailler en région parisienne, où je me suis ensuite inscrite pour faire mon master 1 et 2, à l'Université de Versailles St Quentin et à l'EHESS, respectivement. Au moment de me lancer dans la thèse en 2009, je prévoyais déjà de construire un terrain à Nantes et ai voulu intégrer une université et un laboratoire de recherche ayant des liens forts avec ce terrain.

J'ai pris contact avec le CENS et avec Martine Mespoulet, professeure à l'UFR de sociologie et alors directrice de la MSH Ange-Guépin, qui m'a guidé dans la construction d'un projet de thèse et qui a accepté de diriger ma recherche doctorale. En tant que membre du CENS, j'ai pu participer aux activités pédagogiques et scientifiques du laboratoire, et ceux-ci ont joué, pour moi, un rôle important en ce qui concerne ma socialisation professionnelle.

Travaillant en tant que formatrice d'anglais en parallèle de mes études, j'ai enseigné l'anglais en tant que chargée de cours à l'UFR de sociologie pendant trois ans, entre 2012 et 2015. J'ai aussi participé à la Semaine internationale de sociologie de l'UFR en 2014 et en 2016.


Maintenant que ce travail de recherche conséquent est achevé, quelles sont vos activités ?

Tout au long de ma thèse, j'ai travaillé comme chargée d'enseignement à l'UCO Angers et ensuite à l'Université de Nantes. Je continue donc à travailler dans ce cadre et j'assure actuellement un cours intitulé « Socio-économie des inégalités et des discriminations » à l'UCO Angers.

Enfin, je cherche à valoriser ma thèse, notamment en rédigeant des articles qui seront soumis à des revues sociologiques.