• Le 15 février 2013

Nicolas Rafin vient de soutenir sa thèse de doctorat à l'UFR de sociologie.

  • Vous venez de soutenir votre thèse de doctorat, pouvez-vous nous présenter cette recherche ?

En quelques mots, cette recherche porte sur le traitement judiciaire des ruptures d'unions conflictuelles.

Plus précisément, mon travail traite des procès en appel ayant pour objet la régulation judiciaire des séparations et de leurs conséquences. Cette recherche s'est appuyée sur un travail d'immersion pendant plus de cinq ans au sein du milieu judiciaire.

Sur le fond, la thèse qui s'intitule "Quand la séparation tourne à l'affrontement judiciaire" s'est articulée autour de deux préoccupations générales.

La première était de décrire les différents éléments constitutifs du mouvement de normalisation des dissociations conjugales vers un modèle de « séparation pacifiée ». Une seconde préoccupation était de saisir les modalités du traitement judiciaire des séparations qui s'écartent de ce modèle du « bon divorce » ou de la « bonne séparation », autrement dit d'appréhender l'envers du modèle autorégulé.

L'enjeu central de la recherche était de révéler la « part sombre » des séparations, c'est-à-dire les situations conjugales qui n'entrent pas dans le modèle attendu du divorce d'accord, et ce, avec la volonté de restituer la manière dont les instances judiciaires y répondent.

 

  • Vous avez soutenu à Nantes, en tant qu'étudiant à l'UFR de sociologie et intégré le laboratoire le Centre Nantais de Sociologie (CENS), pouvez-vous nous redonner votre parcours à l'université de Nantes ?

Je suis arrivé en 2004 à l'Université de Nantes dans le cadre du « Master 2 recherche » proposé par l'UFR de sociologie. Auparavant, j'avais déjà été familiarisé à la « sociologie nantaise » à l'Institut de Psychologie et de Sociologie Appliquées d'Angers notamment par deux enseignants membres du Centre nantais de sociologie, Pascale Moulévrier et Gérald Houdeville.

J'ai alors réalisé mon Master sous la direction de Stéphane Beaud sur l'analyse des usages d'une politique culturelle destinée aux lycéens de la Région.

Déjà, à l'époque, je travaillais en parallèle de mes études au sein d'une Etude d'avoué sur Angers. Echangeant à plusieurs reprises avec Stéphane Beaud sur l'opportunité d'investir le milieu judiciaire via cette activité professionnelle pour engager un travail de doctorat, et après avoir passé une année à observer et à m'être approprié le terrain judiciaire, je me suis finalement lancé dans une thèse en 2006 en intégrant par la même occasion le CENS.

Stéphane Beaud ayant été nommé à Paris en 2007 à l'Ecole Normale Supérieure, en plus de cette direction à distance, j'ai pu notamment bénéficier du soutien de Jean-Noël Retière qui a été, pour moi, un véritable guide pour mener à bien cette recherche. Pendant la durée de la thèse, j'ai pu participer aux activités pédagogiques, scientifiques et administratives de l'UFR et du CENS, en enseignant notamment en tant que chargé de cours puis d'attaché temporaire d'enseignement et de recherche (ATER). Ce parcours de doctorant s'est achevé le 16 Novembre dernier avec la soutenance de la thèse. Une date bien particulière puisqu'il s'agit du jour où un ami, Frédéric (Mollé), qui m'avait accompagné ces dernières années en me faisant découvrir différentes ficelles du métier d'enseignant-chercheur, nous quittait.

 

  • Maintenant que ce travail de recherche conséquent est achevé, quelles sont vos activités ?

Depuis fin septembre, j'ai intégré un bureau d'études nantais de sociologues (le GERS) pour mener une étude sur le logement social. J'y ai retrouvé Karine Meslin, Laurent Riot et Loïc Rousselot, tous les trois appartenant à différentes générations d'étudiants de l'UFR. A côté de cette activité, je continue à dispenser des enseignements dans différents établissements du supérieur.

Aussi, la thèse ne s'achève pas après la soutenance. Je travaille maintenant à la valoriser à travers des projets d'articles et de transformation du manuscrit en ouvrage.