• Le master SCT a ouvert en septembre 2017 et vous avez établi un partenariat, d’un côté avec le centre de formation de l’Inspection du travail l’INTEFP de l’autre, avec le master GRISSE (Gestion des Risques, Santé, Sécurité, Environnement) de la faculté des Sciences et des Techniques. Pouvez-vous préciser l’intention de ces rapprochements ?

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En tant que nouvelle formation, il est essentiel pour les intervenants comme pour les étudiants, de bénéficier de l’expérience des acteurs reconnus dans l’univers de la santé au travail : sur des modes différents, il s‘agit de deux « institutions » et nous avons évidemment beaucoup à apprendre à leur côté. Convaincus de l’intérêt d’une approche sociologique des questions de conditions de travail, ils étaient comme nous favorables à l’idée de construire des ponts entre nos univers, d’échanger sur nos pratiques de formation, d’élaborer des manifestations communes de façon à ce que des relations se nouent et qu’un dialogue s’instaure.


 

  • Un premier Séminaire-débat aura lieu le 17 avril prochain au centre de formation de l’Inspection du travail qui réunira la première promo « SCT » ainsi que les stagiaires futurs inspecteurs du travail. Et c’est vous Fanny Darbus, co-responsable du master SCT, qui proposez une conférence intitulée « La régulation des dérèglements du travail. Le cas des risques Psychosociaux à France Télécom (2000-2010) »?

En effet, je me propose de mettre en lumière les apports de la sociologie en revenant  sur ce que l’enquête nationale menée  au sein de France Télécom en 2009-2010 par le cabinet Technologia, un cabinet agréé par le ministère du travail en tant qu’expert auprès des CHSCT pour lequel j’ai travaillé, a révélé des dérèglements organisationnels et de leurs effets sur le rapport au travail et la santé des agents. Il s’agira en particulier d’examiner le rôle des instances de régulation (et en particulier des ressources humaines) dans le contexte de restructuration de l’entreprise avant et pendant la « crise » des années 2000.

Nous attendons beaucoup des échanges avec les (futurs) inspecteurs du travail car cette crise est souvent considérée comme un tournant dans la construction des « RPS » comme problème social et organisationnel et donc comme enjeu de discussion tant au sein des entreprises, que dans l’espace public et scientifique.

Au-delà du débat, l’idée est également de partager un moment de convivialité : c’est une première opportunité pour nos étudiants, en dehors des possibilités offertes par leurs stages, de côtoyer ces professionnels du droit.


 

  • Un mois plus tard, le 18 mai 2018, vous organisez avec vos collègues de la Faculté des Sciences et des Techniques un Atelier  Risques et Santé au travail. Quels sont les objectifs de cette journée ?

L’objectif est clairement de favoriser les échanges entre nos promotions d’étudiants et de porter un regard interdisciplinaire sur des thématiques communes aux deux masters. Les étudiants SCT doivent être en mesure de travailler avec des spécialistes de la prévention des risques physiques, chimiques et biologiques ; de même pour les diplômés du master GRISSE, il est essentiel de se familiariser avec les questionnements relatifs à la perception socialement inégale des risques professionnels (par exemple un danger sera dénié dans certains groupes sociaux, alors qu’il sera anticipé et parlé dans d’autres), relatifs à la qualité de vie au travail ou encore aux risques psycho-sociaux.


 

  • Comment procéderez-vous ?

Le matin, dans un premier temps, des étudiants présenteront quelques travaux collectifs de façon à donner à voir des cas concrets d’études et/ou d’interventions. Les étudiants des différentes promotions « plancheront » ensuite en petits groupes « mixtes » sur diverses problématiques relatives à la gestion et à l'analyse des risques et de la santé au travail : la construction des indicateurs, le processus de normalisation, la relation entre professionnels de santé au travail, etc. L'après-midi, chaque groupe présentera le fruit de ses réflexions et participera à un échange avec l'ensemble des participants, les tuteurs de stage et les intervenants étant conviés à cette présentation. Là encore, les moments informels auront toute leur place.