• Vous réalisez une enquête collective pour la mairie d'Orvault, pouvez-vous nous dire quel est l'objet de la commande ? 

Notre commanditaire, la mairie d'Orvault, nous a demandé de mener une enquête sur les publics et non publics de leurs salles de spectacle vivant, supervisée par Fanny Darbus et Sophie Orange, maîtres de conférences à l'UFR de sociologie.

La mairie cherche à mieux connaître le public, mais aussi et surtout le non-public de la commune. Les services culturels et les élus souhaiteraient en effet toucher un public plus large au niveau des offres de spectacle vivant, en particulier les 15-35 ans et les classes populaires, dans un objectif de démocratisation culturelle.

Il s'agit donc pour nous de produire une enquête permettant de mieux identifier le non-public des salles de spectacles, de comprendre pourquoi ils ne les fréquentent pas et comment les attirer davantage. L'objectif plus secondaire est également d'apporter une meilleure connaissance des publics des salles de la commune. L'enquête doit déboucher sur la rédaction d'un rapport écrit comportant une analyse et des préconisations, et une présentation orale des résultats est prévue pour Février 2015. 

  • Quelles démarches avez-vous déjà effectuées jusqu'à présent ? 

Pour débuter l'enquête, nous avons eu une réunion avec les commanditaires afin de fixer tous les objectifs. Nous avons ensuite visité les structures culturelles de la commune et étudié l'organisation du territoire de manière plus générale : situation géographique des salles culturelles, du lycée, des centre socio-culturels, des bibliothèques, des différents quartiers résidentiels, etc.

Nous avons également élaboré quelques fiches de lecture afin de mieux prendre en compte des notions telles que celle de « démocratisation culturelle » ou de « politiques culturelles » et des connaissances relatives aux pratiques culturelles selon les milieux sociaux. Différents groupes de travail ont rencontré les directeurs des centres socio-culturels, le personnel de la médiathèque, de certaines bibliothèques, du lycée, etc. afin de les intégrer à l'enquête en tant que personnes ressources du territoire et intermédiaires auprès différentes populations visées (notamment dans la phase de passation de questionnaires). 

  • Quelles méthodologies allez-vous utiliser pour répondre à cette commande ? 

L'essentiel des données recueillies est de type quantitatif : nous avons choisi de construire un questionnaire que nous diffusons à un plusieurs centaines d'orvaltais. Nous avons travaillé à la constitution d'un échantillonnage raisonné afin d'obtenir une base de données la plus représentative  possible de la réalité orvaltaise que ce soit en termes de catégories sociales, de tranches d'âge, et de zones d'habitation. Le questionnaire est diffusé en ligne et sous format papier de manière directe auprès de la population par le biais du porte à porte notamment. Au delà des réponses au questionnaire, ces temps d'échange nous permettent de dégager des pistes de réflexions  au sujet des pratiques et représentations des enquêtés. Des questionnaires sont également passés dans des classes du lycée de la commune ou encore à la médiathèque. Pour le versant qualitatif, nous effectuons des observations en assistant à certains spectacles programmés par la ville et des entretiens approfondis sont prévus afin d'aller plus en profondeur dans la compréhension des raisons qui poussent certaines catégories à ne pas fréquenter les salles de spectacles. Nous nous aidons aussi de lectures sociologiques. 

  • Comment vous organisez-vous concrètement pour ce travail ?

Sur les phases importantes comme la construction du questionnaire ou la formulation des hypothèses, nous travaillons avec l'ensemble du groupe. Ensuite, afin d'être plus efficaces, nous nous divisons le travail en petits groupes, chacun ayant des objectifs à remplir pour la semaine suivante (passation de questionnaire, recherches sur un domaine précis, prise de contact, travail sur  des quartiers en particulier). Chaque semaine, nous faisons un point collectif avec nos professeurs pour que chacun soit au courant de l'avancée globale de l'enquête, pour continuer à progresser de façon coordonnée.

  • Avez-vous des premières hypothèses, des premiers résultats ?

Pour le moment, nous n'avons pas encore de résultats quantitatifs puisque nous en sommes à la phase de passation du questionnaire. Cependant, nous avons déjà pu constater que la programmation des spectacles est plutôt faite pour un public d'un certain âge, ce qui semble logique puisque la mairie adapte aussi son offre en fonction de son public majoritaire. Avec le début des passations de questionnaires et donc par le contact direct avec la population, nous nous sommes aperçus que de nombreux habitants étaient tant géographiquement que socialement éloignés des équipements et de la programmation culturelle proposée par la ville. En effet, dans certains quartiers plutôt populaires et en périphérie de la commune (plus proches de Nantes notamment) les salles de spectacles d'Orvault sont peu connues et, même lorsque elles le sont, peu d'individus les fréquentent par manque d'intérêt, d'informations ou d'argent.