• Le 15 juin 2011

  • Bonjour, vous venez d'être primé par l'OVE, pouvez-vous nous présenter cet organisme ?

L'OVE est un organisme public qui est notamment chargé de produire des connaissances sur la vie étudiante. Cela peut prendre la forme de réalisation d'enquête comme c'est le cas avec la célèbre enquête sur les conditions de vie des étudiants.

Dès sa création, l'OVE a créé un prix pour récompenser et animer les connaissances autour de cette population scolaire qui a connu de profondes mutations depuis les années 1970.

  • Sur quels projets avez vous été distingué ?
J'ai candidaté au prix Louis Gruel de l'OVE sur la base de ma thèse de sociologie réalisée au Centre Nantais de Sociologie (CENS EA -3260) et obtenue en décembre 2010 sous la direction de Stéphane Beaud.

Cette thèse s'intitule "L'échappée belle. Parcours scolaires et cheminements professionnels des étudiants d'origine populaire diplômés de l'université".

Un des ses objectifs est de revisiter les travaux sur la seconde explosion scolaire française et ses effets à l'université en montrant que l'arrivée d'étudiants d'origine populaire à l'université ne s'est pas toujours et tout le temps soldé par des échecs en premier cycle.

Ce que montre mon travail s'est notamment comment l'irruption d'une forme d'obsession sur la valeur des diplômes universitaires participe à la diffusion de l'idée selon laquelle l'université n'est plus un lieu légitime pour une politique démocratisation.

Depuis quelques temps, ce sont en effet les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE)qui se sont arrogés cette question. Mon travail permet de ce point de rappeler que l'université et notamment le diplôme de la licence est une destinée majoritaire pour les bacheliers issus des milieux populaires, là où les CPGE ne représentent qu'une infime partie de leurs destins scolaires. Les étudiants des milieux populaires qui décrochent aujourd'hui une licence n'ont certes pas les mêmes parcours scolaires que ceux qui vont en CPGE, mais malgré tout on peut qualifier ces scolarités "d'honorables" car elles ne sont pas réductibles à des parcours d'échecs en premier cycle. J'ai ensuite regardé les parcours d'insertion, et là encore, plus que des parcours marqués par des ambitions mal ajustés aux chances réelles de ces candidats à l'embauche, il m'a semblé que ces étudiants aspiraient à des mobilités sociales ascendantes relativement raisonnables.