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  • Du 15 mars 2021 au 18 juin 2021
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promotion master ACT 2020 2021



 
  • Comment vous est venue l'idée de travailler sur la surveillance de la ville ?
Le master 2 Action Publique Territoriale vise à former les étudiants au travail d’enquête, notamment concernant les actions que les acteurs du territoire sont amenés à conduire. La formation propose aux étudiants de réaliser une enquête collective sur quelques mois, afin de se familiariser avec les méthodes et attendus d’un travail de diagnostic territorial.
La promotion 2020-2021, en accord avec leur enseignant, a décidé d’interroger le thème de la « ville surveillée », en s’intéressant notamment au cas de la place du Commerce à Nantes. Après avoir échangé entre étudiants et suite à des lectures sur le sujet, il a été choisi d’axer l’enquête sur les agents de la surveillance, l’idée étant de voir quelles étaient les différentes formes et orientations que prennent ces derniers. En distinguant les acteurs institutionnels des autres, le travail fourni visait à saisir « qui surveille qui ? », dans le périmètre d’une place fortement fréquentée par des publics divers.
 
  • La sociologie s'est-t-elle déjà intéressée à ce sujet ?
Afin de s’imprégner des travaux déjà réalisés sur des thématiques similaires, un travail de lecture d’articles et ouvrages sociologiques portant sur la surveillance urbaine a été effectué. Pour Nantes, une revue de presse a également été réalisée, afin d’analyser le traitement médiatique des questions sécuritaires sur la ville. Ces lectures ont permis de voir que les chercheurs s’étaient beaucoup intéressés aux instruments de la surveillance et plus particulièrement aux outils vidéo. Partant de ce constat, il a été décidé d'interroger non pas les instruments mais les personnes en charge de la surveillance d’un lieu, qu’elle soit institutionnalisée ou non.
 
  • Comment avez-vous mené votre enquête ?
Pour mener à bien l’enquête sur « la ville surveillée » et répondre à la question « qui surveille qui ? » il a été décidé de s’appuyer sur une méthode qualitative. En effet, les restrictions dues à la crise sanitaire et la nécessité de saisir la perception des acteurs formels et informels de la surveillance nous ont incités à privilégier les entretiens. Ainsi, nous avons cadré notre champ de recherche en nous appuyant sur de la littérature sociologique et nous avons présélectionné les acteurs les plus pertinents à enquêter. Les entretiens ont donc été menés auprès d'habitantes du quartier mais également de commerçants, de représentants de la police municipale et de la tranquillité publique gravitant autour de la place du Commerce.
 
  • Malgré ces conditions difficiles d'accès au terrain, quelles sont les principales conclusions de votre enquête ?
L'enquête a montré que chaque acteur est à la fois surveillant et surveillé. En fait, les formes de surveillance changent selon le statut des personnes. Par exemple, la police qui est une institution pour laquelle la surveillance est une pratique centrale et légitime montre bien qu’elle surveille. Les commerçants surveillent aussi mais de manière plus discrète. Les passants et peut-être plus encore les passantes, surveillent mais sans insistance. Les personnes en marge de la société surveillent également. Si donc il existe des formes variées de surveillance, être surveillé produit à peu près le même sentiment. La pratique est perçue négativement et ce d’autant plus que la personne occupe une fonction qui rend plus légitime la surveillance de l’autre. Ainsi, pour répondre à la question « Qui surveille qui ? », l'enquête a montré que tous les individus surveillent surtout celles et ceux qu'ils identifient comme « Autre », avec des objectifs différents selon leur statut et leur rôle.