Brigitte LOMPO, doctorante au Centre Nantais de Sociologie (CENS EA3260) a soutenu sa thèse de Doctorat le jeudi 20 juin

  • Vous venez de soutenir votre de thèse de doctorat, pouvez-vous nous présenter cette recherche ?

Ma thèse porte sur les recours aux soins de santé en Afrique, notamment au Burkina et que les institutions internationales qualifient de faibles.

Ainsi depuis des décennies les nombreuses politiques entreprises visent à améliorer cette situation : rapprocher les services de soins des lieux d'habitation afin de développer le premier niveau de contact des populations. Or, au Burkina, comme dans ailleurs en Afrique, ces politiques n'ont pas permis une augmentation significative des recours aux services de soins de santé, en particulier chez les femmes.

L'état actuel des connaissances illustre parfaitement la situation délicate des soins publics. Alors que les politiques de santé souhaitent oeuvrer prioritairement en faveur des femmes, cette population paraît particulièrement sous représentée dans le recours aux soins de santé.

Notre recherche au Yatenga dans la région nord du Burkina Faso, examine à partir d'une enquête terrain, les pratiques, les motivations ainsi que les conditions et les contraintes de recours aux soins de santé. L'usage des différentes thérapeutiques est déterminé par la construction de la maladie elle-même. Ce qui reste central à notre thèse est la division genrée de l'accès aux soins, remis dans un cadre plus général des rapports sociaux de sexe.

C'est à cela qu'est consacrée la dernière partie du travail, avec l'exemple du sida. Cette épidémie montre certaines conditions inégalitaires et discriminatoires faites aux femmes mais aussi let l'accent sur les limites des politiques publiques et le dénuement des femmes. Les résultats auxquels nous sommes parvenus sont très intéressant et ouvrent de nouvelles pistes de recherches possibles.

  • Vous avez soutenu à Nantes, en tant qu'étudiante à l'UFR de sociologie et intégré le laboratoire le Centre Nantais de Sociologie (CENS), pouvez-vous nous redonner votre parcours à l'université de Nantes ?

Après un mémoire de maîtrise sur les facteurs socioculturels de la sous scolarisation des filles en Afrique, j'ai été chargée de mission dans plusieurs institutions oeuvrant dans le développement, la  formation et la recherche. Je me suis également inscrite dans des programmes de développement en direction des femmes, le constat était amer face à l'inefficacité de nombre de ces programmes. Par ailleurs de nombreuses questions se posaient quant à l'aide internationale au développement, ses objectifs, ses actions, son impact, etc.

Je suis arrivée en France, en 2003, pour un DEA autour de l'aide extérieure au développement, des organismes privés. Comment se structure l'aide extérieure depuis la France. Ensuite, j'ai souhaité prolonger mes études par une thèse. Dans le cadre donc du doctorat, j'ai intégré le laboratoire le Centre nantais de sociologie.

Le projet était de mieux comprendre les freins dans l'accès aux droits issus des populations elles-mêmes. Parmi ceux-là, l'accès à la santé a été central.