Jean-Philippe Tonneau, doctorant au Cens, a soutenu sa thèse le lundi 20 octobre 2014.

  • Vous venez de soutenir votre thèse de doctorat, pouvez-vous nous présenter cette recherche ?

Pour résumer, ma thèse porte sur le Syndicat des Avocats de France créé en 1972 par des avocats communistes parisiens et de la région parisienne partisans du Programme commun. En mobilisant différents matériaux - des archives, des entretiens (notamment biographiques) et des observations des manifestations organisées par le SAF (congrès, journées d'études, colloques, manifestations de rue, réunions syndicales mensuelles restreintes, etc.) -, j'ai essayé de combiner la sociologie politique, la sociologie de l'engagement et la sociologie des professions me permettant d'établir une socio-histoire du militantisme syndical dans le champ judiciaire.

La première partie de la thèse interroge la conception politique de la profession des membres du SAF. Par l'analyse de la genèse et de l'institutionnalisation du Syndicat, la construction, la mobilisation et les différentes formes de cette conception de la profession émergent. Au final, il apparaît que cette dernière revêt différentes formes selon les moments temporels, selon les positions occupées dans le Syndicat, et, selon les syndicalistes eux-mêmes.

La deuxième partie de la thèse s'attache aux avocats du SAF : qui sont-ils ? Après avoir dressé leurs portraits générationnels, leurs pratiques professionnelles et militantes sont analysées, puis certaines de leurs « causes » (l'aide juridictionnelle, le droit du travail, le droit des étrangers) sont considérées.

  • Vous avez soutenu à Nantes, en tant qu'étudiant à l'UFR de sociologie et intégré le laboratoire le Centre Nantais de Sociologie (CENS), pouvez-vous nous redonner votre parcours à l'université de Nantes ?

Pour faire simple, l'intégralité de mon parcours en sociologie s'est effectué à l'Université de Nantes et au CENS. Dès l'obtention de mon bac, je me suis inscrit en Deug de sociologie à Nantes. En licence, grâce à un TD d'enquête ethnographique délivré par Jean-Noël Retière, j'ai découvert la justice et les institutions judiciaires. Ma maîtrise, mon master « recherche » puis ma thèse ont donc été réalisés sous la direction de Jean-Noël Retière. Pour diverses raisons, j'ai déménagé à Paris dès mon master, ce qui a facilité l'accès puis le dépouillement de nombreuses archives.

Parallèlement à mon travail doctoral, j'ai enseigné dès ma première année de thèse à Nantes (où j'ai pu bénéficier d'un contrat d'ATER quelques années plus tard) mais également à l'université catholique d'Angers, à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, ou encore à l'université Paris X Nanterre. J'ai également participé à quelques recherches collectives menées par des chercheurs nantais - avec Marie Cartier et Jean-Noël Retière sur les ouvriers de la Manufacture des Tabacs, ou encore avec Antoine Pélicand, alors doctorant au CENS, sur les juges de proximité - ; mais aussi par des chercheurs appartenant à d'autres universités - par exemple avec  Hélène Michel et Laurent Willemez (respectivement, à l'époque, à Lille et à Poitiers) sur les conseils des prud'hommes. Bref, tout en multipliant les collaborations avec des chercheurs extérieurs, mon parcours d'étudiant s'est essentiellement réalisé à Nantes et s'est achevé le 20 octobre dernier.


  • Maintenant que ce travail de recherche conséquent est achevé, quelles sont vos activités ?

D'abord un peu de repos, puis un retour rapide au travail ! Concrètement je postule à différents contrats de recherche (post-doc, vacations, etc.) en attendant de me présenter à la session de recrutement qui aura lieu prochainement. Dans le même temps, j'essaye de valoriser mon travail de thèse, quatre-cinq articles sont actuellement en cours de rédaction.