assistés sociauxUne enquête a été menée dans les années quatre-vingt auprès d'un ensemble de personnes "assistées" résidant dans une grande ville française.

Un ouvrage a été publié dans les années quatre-vingt-dix qui allait en dégager les portraits de trois types d'assistés sociaux : l'assisté honteux, l'ayant droit, l'assisté scrupuleux, et tentait de cerner leurs traits identitaires.

Aujourd'hui, parce que l'analyse a gardé son actualité, l'ouvrage est repris in extenso mais prolongé par une contribution originale à la compréhension de la protection sociale qui caractérise la France du début du XXIe siècle.

Les assistés sociaux des années quatre-vingt avaient témoigné, pour certains d'entre eux, d'une capacité à concevoir leur situation d'assisté sous la forme d'un statut social reconnu et, somme toute, acceptable. Cela parce que certaines prestations sociales pouvaient leur assurer une réelle stabilité dans leur existence.

La protection sociale contemporaine a une tout autre allure. Elle a pris la forme de l'assurance d'assistance. Elle assure à tout citoyen une garantie de protection qu'il recevra parfois sous la forme de l'assurance, d'autres fois sous celle de l'assistance rebaptisée "solidarité", bien souvent dans une combinaison des deux. L'assurance d'assistance est la forme générale d'une protection sociale qui se pense dans les catégories de l'universel, de la dignité et de l'humanité des hommes et des femmes qui forment la communauté sociale.

Michel Messu, professeur de sociologie à l'Université de Nantes et membre du GEPECS-Université Paris Descartes, a déjà publié plusieurs ouvrages sur les politiques publiques sociales et urbaines ainsi que des ouvrages sur les des notions et concepts qui servent à les appréhender.